Le décrochage
En vol normal, l'écoulement de l'air est régulier sur les deux faces, intrados et extrados, de l'aile. Les filets d'air collent au profil de l'aile, c'est ce qui génère la portance. La portance dépend de l'angle d'attaque : c'est l'angle que fait la corde de profil de l'aile avec le vecteur vitesse. Arrivée à une certaine valeur d'angle, de 15 à 18° selon le profil de l'aile, indépendamment de la vitesse de l'avion, les filets d'air se décollent de l'extrados, c'est à ce moment que l'aile décroche. Le décrochage n'est conditionné que par l'angle d'attaque. L'angle d'attaque varie selon la vitesse et le facteur de charge que subit l'avion. On peut donc atteindre l'incidence de décrochage à toutes les vitesses que peut avoir l'avion en faisant varier le facteur de charge. La vitesse de décrochage évolue selon la racine carrée du facteur de charge. Exemple : soit un avion qui décroche à 100 km/h sous un facteur de charge de 1g : Une augmentation de masse entraîne également une augmentation de la vitesse de décrochage. Les vitesses de décrochage pour un modèle d'avion sont données selon les deux configurations principales possibles : Nota : VS, vient de l'anglais velocity stall, vitesse de décrochage. C'est surtout la vitesse VS0 qui est importante à connaître pour le pilote de l'avion, car elle permet de calculer la vitesse d'approche qui ne doit pas descendre sous 1,3 x VS0. Le coefficient de 1,3 permettant de garder une marge de sécurité. Lors du décrochage, soit l'avion s'enfonce, soit il effectue une abattée, il pique du nez, ce qui entraîne dans les deux cas une perte d'altitude. Près du sol, par exemple en dernier virage précédant l'atterrissage, la perte d'altitude peut ne pas être rattrapée. Une seule aile peut également décrocher; cela peut conduire à une vrille. Suite à un décrochage, il faut redonner de la vitesse à l'avion, en piquant légèrement avant de tirer doucement sur le manche pour retrouver un angle d'incidence inférieur à l'incidence de décrochage. Plusieurs indices permettent de détecter l'approche du décrochage : Profil de l'aile, becs en bout d'aile, effet du centrage, à développer Le vrillage négatif d'une aile, c'est à dire un angle d'incidence du profil au saumon* inférieur à celui de l'emplanture, permet de retarder, sinon d'avertir du décrochage. En effet, cette différence d'incidence fait que l'emplanture de l'aile décroche avant le saumon. Aux abords du décrochage, l'emplanture de l'aile ne porte plus, l'aile sustente moins l'aéronef, et celui-ci "s'enfonce" sans faire d'abattée violente. Le décrochage de l'aile est progressif. Ce vrillage permet aussi de limiter le départ en vrille (décrochage dissymétrique). Enfin, le pilote conserve toujours un contrôle de l'axe de roulis, les saumons supportant les ailerons n'étant pas "décrochés". Ce vrillage dégrade un peu les performance de l'aile, mais c'est une solution économique pour assagir un avion. C'est d'ailleurs la solution retenue sur les voilures des avions JODEL, qui sont doux et démonstratifs dans cette manœuvre. notes : * : Le saumon est la partie marginale de l'aile, l'emplanture est la partie de l'aile la plus proche du plan de symétrie de l'avion.
Lorsque l'angle d'attaque augmente, la portance augmente...La vitesse de décrochage
Conséquences du décrochage
L'avertissement du décrochage
La prévention du décrochage















































